L’Atelier de Cédric avec Doriand

L’Atelier de Cédric avec Doriand

Doriand. Bien sûr que ce nom ne vous est pas inconnu. Doriand s’est souvent fait entendre chez les autres, par les autres, pour les autres. Tailleur sur mesure de mots et de notes pour Camélia Jordana, Julien Doré, Emmanuelle Seigner, Mika. Parce que les autres aiment ce qu’il écrit, parce que les autres aiment ce qu’il compose. Aujourd’hui, Doriand a décidé d’écrire chez lui, par lui et pour lui. Parler de lui, se raconter, se chanter. Un disque charnière. Comme souvent. Non, pas forcément. Tous les disques ne sont pas charnière. Celui là oui. Carrefour des ans. Le temps qui passe. Lentement. Ses nouvelles chansons font la part belle à la vie. A cette vie qui fait avancer, à celle qui fait grandir. La trentaine quadra. Plus tout à fait devant, pas tout à fait derrière. Doriand se pose là. Quasi immobile. Prêt à s’embraser. Le regard qui s’interroge, 360 degrés, sur demain et sur hier. Demain car hier. Son disque est celui d’une époque. La sienne. La nôtre. Paysan citadin, citadin paysan, Doriand se révèle amoureux de sa terre mère. Terre natale. Loin de Paris, ville dans laquelle il réside. Plein Sud. Tourner à droite. Plein Ouest. Bordeaux, ville dans laquelle il a grandi. A côté, un village. Le chai de ses grands parents. Les greniers de son enfance. Souvenirs. L’horizon vert de vigne. Noir et blanc des mots sur une feuille de papier posée à même le sol. Composition et enregistrement entre ami(e)s, Keren Ann évidemment, Edith Fambuena à la manœuvre, forcément.

Orgie de cordes fines frappées par les marteaux d’un piano, frottées par un archer ou caressées d’une main experte. Chaleur délicate et discrète de cuivres. Claps de mains. Pop et organique à la fois. Epopée pastorale. Couleurs de phrases. Sensations détournées. Joies et peines endormies. Réveil alangui et cette furieuse envie d’y retourner. Homme ami. Homme enfant. Homme mari. Homme père. Humanité contagieuse. Doriand se passe en revue, chante ses petits riens comme ses grands touts. Notre presque quotidien à tous. Le sens caché d’un clafoutis. Les premiers pas d’un cowboy. La traîne sérieuse d’une robe blanche. Son disque est à la fois tannique et léger. Rouge carmin et cœur de sang. Il évolue au gré des saisons, tantôt solaire (Attendre la vague, Des camions de lilas, Papapa), tantôt mélancolique voire inquiétant (Le pardon du chevreuil, La mariée, La belle endormie), parfois même il se révèle nostalgique et rêveur(Légère et abandonnée, Ici) ou encore gastronomique voire épicurien (La recette du clafoutis parfait, In vino veritas). Ses mélodies se prolongent longtemps encore après l’écoute dans une résonance interne qui révèle en chacun de nous des saveurs, des odeurs, des couleurs et bien sûr des sentiments éclairés par une lumière à laquelle aucun détail ne peut échapper. L’aube et l’aune se rejoignent. Doriand vient d’inventer la bande son de sa vie. Elle est aussi la nôtre. Doriand est ici et ailleurs. Doriand est d’ici et d’ailleurs. Universel.

Nicolas Preschey

www.doriand.fr

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