L’Atelier de Cédric avec Gérard Davoust & Caroline Bourgeois – Editions Raoul Breton

L’Atelier de Cédric avec Gérard Davoust & Caroline Bourgeois

Président @ Editions Raoul Breton

Issu d’une famille passionnée de musique, aux goûts très éclectiques, Gérard Davoust commence très tôt sa « Route en chansons » devant la TSF, qui égrène tous les succès de l’époque, mai aussi au cinéma où il découvre Charles Trénet (« La route enchantée »). Puis, plus tard, Brassens, et enfin un formidable coup de foudre – qui dure encore – pour une chanson: « Sa jeunesse », et son interprète, Charles Aznavour. C’est sur cet air-là (« Lorsque l’on tient entre ses mains cette richesse… sa jeunesse ») qu’il partira pour les Aurès, et c’est sur « Les deux guitares », du même Aznavour, qu’il rentrera au pays. Cela ne s’oublie pas. Avant son départ pour le service militaire, il avait rencontré dans l’entreprise familiale Léon Cabat et Eddie Barclay, qui venaient de créer leur sociétés, et c’est tout naturellement qu’il se retrouve à Paris chez Vogue. Puis successivement, avec un parcours sans faute, chez Président, Pathé-Marconi (répertoire classique), Bel-Air , et enfin, après un passage sur les ondes de RTL, chez Philips sous la houlette de Georges Meyerstein.

C’est dans cette dernière maison de disques, où il restera six ans – dont trois années comme directeur de production – qu’à côté des artistes traditionnels, il tentera des aventures dans le style « Les musiques du monde », comme on ne disait pas à l’époque, produisant de nombreux artistes africains, tels Manu Dibango ou Francis Bebey mais aussi, dans un genre très différent, George Zamfir et… Pierre Henry (« Messe pour le temps présent », « Hypersound »), avec une prédilection très nette pour le mélange, la fusion, ce qu’on appellerait aujourd’hui le métissage. Il sera aussi à l’origine des premiers disques de Magma, d’Alan Stivell, Catherine Ribeiro, ainsi que de beaucoup de célèbres musiques de films. Avec Jacques Revaux et Régis Talar, il croira au talent de Michel Sardou et lui signera un contrat Philips.

En 1972, il prend la présidence des Éditions Chappell, apportant dans ses bagages un très beau cadeau « Le lac Majeur » de Mort Shuman et Etienne Roda-Gil, qu’il vient juste de faire enregistrer. Il sera bientôt rejoint dans cette société par nombre de ses artistes précédents, tels Serge Lama, Nana Mouskouri, Serge Gainsbourg, ainsi que deux débutants nommés Yves Simon et – plus tard – Renaud. Il veillera aussi sur les œuvres de Michel Legrand, Georges Garvarentz, Georges Brassens et Charles Aznavour. Chez Chappell, Gérard Davoust développera pendant 20 ans tous ces catalogues, et bien d’autres, lançant aussi de nouveaux talents comme Jean-Paul Dréau(« Le coup de Soleil », « J’veux de la tendresse »). Enfin, Gérard Davoust a sans doute réalisé un rêve en devenant le PDG des éditions Breton, entouré dans ses bureaux de la rue Rossini de deux illustres figures de la chanson française: d’abord Charles, le fou chantant de ses sept ans et puis… Charles (Aznavour), le baladin nostalgique, celui-là même qui l’accompagna sans le savoir en Algérie, et lui donna peut-être la force d’en revenir, mais qui surtout l’a choisi pour associé.

Les Editions Raoul Breton accompagnent depuis près d’un siècle de nombreux auteurs, compositeurs et interprètes. Maison d’édition musicale historique fondée par le découvreur de Charles Trenet, nous sommes parmi les derniers éditeurs indépendants à représenter un catalogue qui couvre l’ensemble de la chanson française du XXème siècle, et s’ouvre aujourd’hui vers le XXIème. Les Editions Raoul Breton, outre leur catalogue propre, collaborent et représentent de nombreux autres répertoires : Djanik et Melodium (Charles Aznavour), PESL (Serge Lama), M Productions, Métropolitaines, Cana Music (Nana Mouskouri), Paroles de Dimey, Banco Music et CH+ (Sanseverino, June&Lula). Au total, plus de 10 000 œuvres en édition et de nombreux masters.De l’édition graphique à la production de disque, en passant par le management, la négociation des contrats de synchronisation pour le cinéma et la télévision ou la gestion du copyright, les Editions Raoul Breton restent très attachées à une approche individuelle et singulière de leur relation avec les auteurs et leurs œuvres. Une façon de travailler paraît-il  » à l’ancienne  » qui nous semble être d’une modernité résistante face aux défis que connaît l’industrie musicale en général, et en particulier le droit d’auteur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *