Florence Marin – Directrice Artistique Senior @ WLAB / WAGRAM MUSIC

 
Florence Marin – Directrice Artistique Senior @ WLAB / WAGRAM MUSIC
 
Marraine spécialisée « Label & Production Musicale »

Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel, comment es-tu arrivée jusqu’à ton poste actuel ?
 
J’ai démarré comme régisseur de tournées. Pour la petite histoire, à 18 ans, j’ai rencontré un gros tourneur dans une boite de nuit parisienne. Nous avons discuté, je lui ai dit que je cherchais un job et, le lendemain matin à 8h30, j’étais dans son bureau et il m’a offert mon premier poste de régisseur. Etant moitié anglaise par ma mère, j’ai eu alors l’occasion de faire des tonnes de tournées internationales ; j’ai notamment bossé pour ALIAS et beaucoup d’autres tourneurs. Quelques années plus tard, j’ai été repéré par Didier Varrod, actuellement Monsieur Musique de France Inter, qui dirigeait à l’époque le label Columbia de Sony. Il m’a proposé un poste de Directeur Artistique Junior que j’ai tout de suite accepté. Je me suis alors retrouvé avec une femme incroyable qui s’appelait Patricia Bonnetaud. C’était en 98 et nous avons signé tous les groupes de scène, de Oneyed Jack à Tryo en passant par Mass Hysteria ; et tous ces groupes là, c’était vraiment la musique que j’aimais. Je trainais sur tous les festivals, c’était mon truc ; je peux dire que je suis une fan de musique live !
 
Didier Varrod a rapidement quitté Columbia et, à ce moment là, un ami m’a proposé de monter une boite de tourneurs dans l’Est, ce que j’ai accepté. Cette société s’appelait « le Syndicat » et a marché très fort assez rapidement. On avait toutes sortes d’artistes, ca allait de Louise Attaque à Tryo, on était une sorte de promoteur local ; on travaillait aussi pas mal avec Rémi Perrier. Durant l’année 2000, Francis Julien arrive chez Wagram et décide, avec Yvan Bourdoiseau, de monter un label ; ils me contactent alors pour les rejoindre sachant que, hasard de la vie, Nicolas Galibert (patron des éditions Sony ATV) me propose, le même jour, un poste de Directeur Artistique aux éditions. Après réflexion, je décide de rentrer dans l’aventure Wagram et j’y suis encore aujourd’hui. Depuis, on a ouvert plusieurs labels (dont Cinq7) mais je suis toujours au sein du label éponyme Wagram qui, pour être parfaitement identifié, vient d’être rebaptisé W LAB.
 
Peux-tu nous parler de WAGRAM et de ton rôle au quotidien ?
 
Je suis aujourd’hui Directrice Artistique Senior. Actuellement, je travaille sur des projets comme Ridsa, Corneille (une des premières signatures du label); j’ai plein de nouvelles signatures, beaucoup de développement, notamment une artiste qui vient tout juste de rentrer sur NRJ et qui s’appelle Alex. La signature dont je suis le plus fière ? Pauline Croze; mais c’est difficile de choisir car il y aussi Alpha Blondy avec qui on va d’ailleurs sortir un nouvel album en 2018. Corneille bien sur, c’est une belle construction de carrière. Les signatures ont toutes un historique et c’est toujours intéressant même lorsque ce sont des projets plus « dance-clubbing »; par exemple, j’ai fait la Zumba avec Dj Mam’s pendant des années. Avec Jessi Matador, on a fait l’Eurovision. Ce sont des aventures incroyables qui te marquent à jamais. Caravane Palace aussi, c’est une très chouette signature.
 
Aujourd’hui, le label a un peu réduit en nombre d’employés. Je suis à la tête d’une équipe de quatre personnes, je chapote le pôle artistique et marketing ; on fait à peu près tout, comme tout le monde en ce moment. On est ultra polyvalents, je dirais que l’on revient un peu « aux sources ». Notre travail va de la signature à la genèse de l’album, de la création d’identité artistique jusqu’à la sortie digitale et/ou physique, tout le travail de promotion. Par rapport aux autres labels, je dirais qu’on fait beaucoup de développement, on a très peu de signatures internationales parce que l’on n’a pas un bureau aux Etats-Unis comme la plupart des majors. Chez W LAB, on signe pas mal de projets en français parce qu’en fait, de façon pertinente, ça s’impose comme ça ; et pas uniquement pour des raisons de promo, aussi parce que j’ai un problème avec les gens qui ne parlent pas très bien anglais. Des projets anglais qui marchent vraiment, au-delà des Djs, il y’en a vraiment très peu et c’est très souvent des artistes anglais comme Aaron (chez Cinq7); et même pour Lilly Wood and The Prick, c’est lorsque un Dj international reprend le titre « façon radio » que ça devient un succès international.
 
– Selon toi, quelles sont les qualités que doit avoir un artiste pour réussir à gagner sa vie dans ce milieu et devenir un véritable « professionnel » ?
 
A l’évidence, je dirais qu’il faut déjà avoir un certain talent et de la créativité, c’est quand même la base. Ensuite, il faut être sympa et réactif, à l’écoute des conseils des professionnels et, dans la mesure du possible, être « stable » dans le choix de ses équipes.
 
Que penses-tu des rencontres organisées par l’Atelier de Cédric ? Avais-tu déjà participé à ce type de rencontre auparavant ?
 
Oui, j’avais déjà participé à ce type de rencontre, notamment pas mal de tremplins ainsi que des rencontres organisées par l’école ATLA à Pigalle et la MAI à Nancy ; donc plutôt dans des écoles et sous la forme de tables-rondes. J’ai adoré mes deux rencontres à l’Atelier parce que j’ai trouvé ça hyper vivant. Tu n’es pas du tout là en tant que simple spectateur, il y a un vrai dialogue, une sorte de compréhension ; il y a une qualité des projets et du « recrutement » des artistes ; cela me remet aussi un peu dans le bain au niveau des tendances, où vont les jeunes en ce moment, quelles sont leurs envies. A chaque fois, j’ai trouvé ça ultra pertinent et j’ai beaucoup aimé.
 
Dernière question, quels seraient tes conseils aux jeunes artistes d’aujourd’hui pour développer leur projet artistique ?
 
La com’ ! Il y a encore quelques années, tu ne te posais pas la question ; aujourd’hui, si t’es bon en com’, c’est déjà bien parti et ça fait toute la différence. Tout va se jouer au niveau de la com’, l’image, la gestion de la com’ et notamment la com’ internet, c’est ça qui est crucial. Honnêtement, en tant que label, on ne peut pas palier à un manque de com’ de la part de l’artiste ; alors à talent équivalent, on choisira toujours le projet qui a déjà une com’ bien développée.
 

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